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Les abîmes

Cet été j’ai touché le fond.

Mon dernier article « mood » date de fin d’avril et je me souviens parfaitement de mon état d’esprit à ce moment-là… Bientôt la fin du confinement, j’allais ré emménager dans mon appartement, seule, et j’essayais de me convaincre que ça allait bien se passer. Spoiler : ça n’a pas été le cas ! haha

Il était temps que je rentre après 2 mois chez mon papou ! Je vous le montre parfois sur instagram, c’est quelqu’un d’extrêmement drôle, d’adorable et on est fusionnel depuis que je suis petite. Mais là je crois qu’il ne me supportais plus (avec du recul, je le comprends, j’étais amorphe, je passais mon temps sur mon téléphone, je n’avais plus aucune énergie, en fait, je ne faisais que… manger – littéralement).

Suite à ma rupture en début d’année, je suis infiniment reconnaissante à la personne avec qui je partageais ma vie d’avoir accepté de me céder entièrement l’appartement car ce « chez moi » était mon dernier repère. Après le départ simultané de ma mamie et de ma maman, cette séparation après plus de 8 ans et la vente de la maison familiale de mes parents qui arrivait en juillet, j’étais totalement perdue. Je pensais que garder une stabilité au moins « physique » me sauverait.

En fait, l’été précédent, en 2019, j’avais lu le livre du Dr. FAURÉ « Vivre le deuil au jour le jour ». Il m’avait été preté par une amie et je me souviens qu’il m’avait aidé à me sentir moins seule, à généraliser le fait de perdre un proche (car malheureusement c’est commun et quotidien). Je me rappelle aussi que certaines choses m’avait marquées. En l’occurrence un paragraphe sur la possibilité d’une depression suite à un décès. Il était dit qu’en général, celle-ci pouvait survenir dans les 8 mois à un an après… Je ne sais pas pourquoi mais lire ces lignes à l’époque m’avait vraiment touché. Déjà, parce que je n’imaginais pas qu’il soit possible d’aller plus mal que « tout de suite ». Mais aussi, parce que j’avais l’impression qu’en étant « au courant » je pourrais probablement l’éviter et déjouer la fatalité. J’ai voyagé, j’ai recommencé à aimer certaines choses de la vie, je pensais être à l’abris.

Malheureusement, le livre avait raison et un an après, malgré une douleur moins intense, j’étais tout au fond.

En mai, de retour dans mon appartement, je ne voulais jamais être seule. Des copines dormaient à la maison sans arrêt. Je me souviens d’un soir où je suis sortie voir des amis et où je suis rentrée vers 1h ou 2 car j’étais fatiguée. Et en passant la porte de chez moi … crise de panique ! J’ai du appeler une amie qui n’a pas réfléchi une seconde avant de faire 30 minutes de route pour me rejoindre en pleine nuit.. (Merci ma S.) <3

Puis justement, j’ai vu mon entourage commencer à vraiment s’inquiéter pour moi. Les filles parlaient de moi sur des groupes de discussion dont je ne faisais pas partie, car elles se sentaient impuissantes… Certaines fondaient en larmes quand elles me voyaient car je leur faisais peur… Et pourtant j’avais l’impression que je gérais (enfin tout du moins que ça aurait pu être BIEN PIRE) !

Alors en juin, je me suis enfin décidée à aller voir une psychologue pour m’aider à avancer, à faire le point. Ça a duré deux mois, je ne sais pas vraiment si ça m’a été utile (car j’auto analysais tout moi-même et j’ai aussi la chance – encore une fois – d’être très bien entourée par mes proches qui m’ont écouté et parlé pendant des heures / des jours / des nuits, donc tout ça aide beaucoup à trouver des clefs).

Puis je me souviens très bien du jour où j’ai été toucher le sol ! Je sortais tout le temps, j’étais épuisée, je pleurais tous les jours, je ne dormais plus du tout, je prenais des anxiolytique et mon médecin voulait me mettre sous anti dépresseur… Même mon père m’y encourageait car il était démuni et n’en pouvait plus de me voir comme ça. Je m’y refusais (je trouve que ça peut être une excellente alternative pour une personne qui souffre, mais personnellement je ne souhaitais pas que mes émotions soient controlées par des molécules et je n’ai pas arrêté de prendre la pilule en étant contre les hormones pour prendre un médicament qui a plein d’effets secondaires). J’avais la sensation que si je cédais je ne m’en sortirai pas, car même quand ça irait mieux je penserai que c’est grâce au anti-dépresseur et pas à la réalité. Et puis j’étais encore avec mon moral en montagne russe (de gros bas, mais je remontais toujours de temps en temps en haut).

Alors je me suis écouté, j’ai pris l’été pour moi, en me disant que j’y passerai à la rentrée si je n’avais plus de moment où je remonte (où s’ils étaient moins fréquents, bref au feeling).

Ce fameux jour où j’ai cru que plus jamais je ne serai heureuse a été rythmé par des larmes ! Pleurer au réveil, toute la matinée, aller déjeuner avec ma marraine (qui vit dans le sud et qui était là exceptionnellement) et malgré la joie de la voir, lui pleurer dans les bras – devant TOUT LE RESTAURANT et ce TOUT AU LONG du repas… Pleurer aussi l’après midi, le soir, la nuit, faire des crises d’angoisse… Le trop plein s’évacuait, moi je pensais que c’était pour le pire, mais en fait j’allais vers le meilleur.

Pour tout vous dire à cette époque là, j’avais atteins un stade où je pouvais commencer à filmer une story sur insta, avoir mon père 30 min au tel et pleurer toutes les larmes de mon corps, puis raccrocher, me remaquiller et terminer ma story. Ça ne se voyait même pas ! J’avais l’impression d’être entre le robot et la skyzophrène.

Le début du mois de juillet, j’aimerais bien vous le raconter, mais honnêtement je ne me souviens pas de grand-chose ! J’étais dans mes excès, à essayer de trouver du réconfort dans les sorties et à calmer mes angoisses dans les médicaments. Puis le 16, on a vendu la maison de mes parents. Grosse épreuve… Mais la dernière d’une longue série. L’après-midi même je suis partie à Marseille chez ma meilleure amie. Là bas, j’ai beaucoup réfléchi (elle était enceinte, au 8eme mois, elle dormait beaucoup) alors je passais de longues heures au soleil, en lisant un livre sur le Kintsukuroi. Il s’agit d’un art ancestral japonais qui consiste à réparer de la vaisselle brisée avec de l’or (ce qui le rend plus fort et plus beau). Cela a été transposé sur l’homme, dans une méthode très spirituelle, pour réparer les blessures de l’âme. J’avais même laissé mon téléphone en mode avion pendant 72h (en faisant croire qu’il était cassé) car j’avais absolument besoin de couper, de m’éloigner de ma vie à Nantes, de tout et aussi de tout le monde. C’est là bas que j’ai décidé de m’en sortir, et vite.

J’ai commencé à trouver des moyens d’être bien chez moi tout en étant seule (de la musique, la télé allumée, le frigo plein, des bougies allumées, passer du temps sur mon balcon, au soleil), j’ai laissé définitivement derrière moi une relation toxique et inutile, je me me suis concentrée sur moi, mon repos, tout en prévoyant de mieux travailler à la rentrée en anticipant tout cela avec mon assistante d’amour. Et j’ai prévu des vacances de folie tout le mois d’août !

Ce mois d’août a été la révélation ! J’étais enfin prête à vivre pour moi, pleine d’envie à nouveau, pleine d’ambition, je suis partie en vacances avec mes amis et ça a été un mois exceptionnel. J’ai retrouvé le sourire au quotidien, j’étais chargée de good vibes, motivée pour tout. Je me sentais vraiment bien avec eux, à bronzer, m’amuser, ça m’a prouvé que la vie mérite d’être vécue, pour des moments comme ceux là ! C’était vraiment génial et salvateur. Trop court bien-sur, mais je me suis trouvé des nouvelles passions, chaque jour c’était un bonheur de se lever, bref, REVIVRE, au sens propre ! Redevenir moi-même alors que j’avais l’impression d’être seulement mon ombre depuis des mois.

Comme quoi, il ne faut jamais perdre espoir…

Depuis septembre, je me sens beaucoup mieux, on a mille projets avec la personne avec qui je travaille, car comme prévu on s’y est remises x 1000, avec une nouvelle organisation et c’est vraiment du bonheur ! Mon papa a trouvé sa nouvelle maison et on s’y sent extrêmement bien ! Ma meilleure amie m’a offert le plus joli cadeau en me nommant marraine de son fils, de la lumière à l’état pur ! Bon il me reste toujours ces kilos en trop, pris pendant le premier confinement quand je mangeais 7 à 8 fois par jour (de vrais repas…). Mais je me sens moins obsédée par tout ça, la nourriture n’est plus ma source de réconfort !

Alors malheureusement, on pouvait à nouveau bouger et voyager, puis on a eu la seconde vague et le deuxième confinement… Mais je me sens privilégiée car j’ai été au fond « seulement » quelques mois, quand ça dure des années pour d’autres. Donc voilà, encore une fois je me livre à vous, un peu, beaucoup, surement trop. Mais je n’aime pas les tabous, sur n’importe quel sujet, et je regrette que le deuil en soit un (car comme dit plus haut, on en vit tous…). À toute les personnes qui m’écrivent sur instagram pour me faire part de leur situation personnelle, à tous ces cas similaires au mien qui vivent le manque d’une personne aimée partie trop tôt, et même à toutes les personnes qui vont mal pour des raisons différentes : on tombe, mais on se relève. On finit toujours par remonter vers le soleil. Je n’ai pas honte, je suis même fière car de réussir quelques mois après à retrouver une vie « normale » car ce n’était pas gagné d’avance.

Je sais que je reste encore fragile, et cela peut créer un cercle vicieux car au-delà des causes du mal-être il y a désormais la peur de rechuter. Mais en ce moment, je me sens plus sereine, je dors mieux (je dors déjà!), je me sens apaisée. Je me protège beaucoup, mais je savoure chaque petit bonheur.

(PS : Merci à toutes les personnes que j’aime et qui ont été là quand j’étais tout en bas. Gratitude ++++)

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12 Commentaires

  1. Julia
    15 décembre 2020 / 22 h 17 min

    Très beau article. J’admire ta façon de « raconter » les choses. Beaucoup de douceur ce dégage de toi.
    Je t’envoie pleins de belles énergies !

  2. Laura
    15 décembre 2020 / 22 h 50 min

    Très bel article! Continue à être honnête comme tu l’es <3

  3. Tania
    17 décembre 2020 / 19 h 26 min

    Bonjour Nolwen, je me réjouis pour toi, que ce temps qui passe t’aide à réparer tes blessures, et salue ton courage de faire ce cheminement difficile en toute conscience. Ton article transpire de ta belle humanité et de beaucoup d’amour. Merci de nous partager cette belle partie de toi.
    J’en profite pour te dire toute ma reconnaissance par rapport à mon Tigrou roux, mon chat, qui il y a 2 ans a été diagnostiqué diabétique. Après un mois 1/2 d’insuline dose maximale, croquettes Hills et 750 euros de frais vétérinaires, j’ai tout stoppé !
    Jai passé des heures sur internet et je suis tombé sur ton blog !
    Depuis, plus d’un an 1/2, mon chat va bien.
    Alors, chère Nolwen, merci chaleureusement car je pense sincèrement que tu as sauvé mon Tigrou roux. Je t’embrasse. Reste forte. Tania

  4. Charlotte
    17 décembre 2020 / 23 h 33 min

    Ton parcours et la façon dont tu le racontes, sont très inspirants. Tu fais preuve de courage de raconter tes faiblesses, c’est beau et ça donne espoir.
    J’aime beaucoup ton écriture, continue, cela aussi est salvateur !

    • Louise
      26 décembre 2020 / 10 h 35 min

      Très touchée par ton article. Merci de nous faire part de ton témoignage car en effet cela ne devrait pas être tabou. On tombe mais on se relève toujours comme tu le dis si bien. Merci!!!

    • Laurie
      26 décembre 2020 / 17 h 01 min

      Cet article est très touchant et on te sens toi à 100%! Je suis heureuse que tu ailles mieux et de voir que ce sont de vrais sourires sur tes photos !
      Courage Nolwenn, le soleil est tout près ❤️

  5. Maë
    26 décembre 2020 / 10 h 17 min

    Je t’aime infiniment ♥️

  6. Pauline
    26 décembre 2020 / 10 h 27 min

    Comme je suis heureuse que tu ailles mieux ! C’est toujours un tel plaisir de te lire, et de savoir que tu vas bien.

  7. Benedicte_a_h
    26 décembre 2020 / 12 h 42 min

    Courage Nolween. Je comprends ta peine et ta douleur.
    Le deuil est une véritable épreuve.

  8. Gaillard
    26 décembre 2020 / 14 h 15 min

    Oh ma jolie tellement contente que tu ailles j’aime tellement te suivre je te souhaite le meilleur bises

  9. Mathilde
    26 décembre 2020 / 15 h 00 min

    Je t’aime ma Ns et tu me manques ❤️

  10. Régine
    26 décembre 2020 / 20 h 15 min

    Émouvant ma belle…

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