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Lush life.

Avril. Il y a un an, j’étais encore la plus heureuse du monde. Je m’étais lancée en free depuis 6 mois, je rentrais de New York, tout allait bien.

C’est fou tout ce qu’il s’est passé en moi durant cette année…

Après le départ de mamie et de maman, je suis passé par toutes les phases. L’envie de disparaitre, d’arrêter ma vie avec la sensation qu’elle ne sera plus jamais complète. Puis l’espoir, la fuite par les voyages à Ibiza, aux Canaries, à Saint Tropez, au Mexique, en Grèce, à Sainte Lucie, à Vegas… avec de jolies rencontres qui aident à sourire, la découverte de différentes cultures; je pense sincèrement que c’est ce qui m’a sauvée la vie.

2020. j’ai pris cette nouvelle année comme une chance. On avait passé le plus noir, même si rien ne s’oublie, même si ça ne va pas mieux, même si, même si… Au moins j’avais l’impression d’aller de l’avant. On a passé le nouvel an à Londres en famille et j’ai repris les voyages. Hollywood, le ski, Vienne, mais alors que je pensais aller mieux, j’ai vrillé.

Comme un besoin de me désolidariser de tout, de tout casser, d’être seule. Mais pas complètement à la fois. Une envie d’être rassurée lors de mes angoisses, d’être avec mes copines h24. De vivre à 143290482953780328%. Comme si demain n’existerait pas, comme si c’était mon dernier jour. Besoin de me sentir capable même si je me sens faible. Prendre des billets pour partir au Cambodge sur un coup de tête entre amies. Et d’en profiter comme si tout allait s’arrêter pour toujours après ça.

Et maintenant. Je ne comprends plus rien à ce qu’il se passe ! Dès notre retour en France, on s’est retrouvé confinés à domicile, un virus invisible dans les rues, une ambiance anxiogène, un monde au ralenti, tous mes projets annulés, je me retrouve chez mon papou à la campagne sans savoir pour combien de temps !

Je l’ai très très mal vécu les deux premières semaines, puis extrêmement bien à partir de la troisième au point de me demander si j’avais envie que la vie redémarre. J’étais bien en jogging, à trainer du matin au soir, à travailler slowly, à prendre du temps pour moi… Et là ça recommence à me peser énormément. Le moral en montagne russe, c’est ma spécialité !

Je me pose tellement de questions. Comment la vie va repartir après ça ? Comment gérer la solitude quand je vais rentrer chez moi ? Est ce qu’on va pouvoir reprendre les voyages ?… Je suis une personne toujours dans le contrôle, avec 10 TO DO simultanées, je déteste ne pas pouvoir prévoir, anticiper et pour la première fois de ma vie depuis un an je ne peux plus rien projeter.

J’ai aussi peur de mes sensations, car pour être honnête je ne ressens plus grand chose. Comme si après tous ces chocs j’étais anesthésiée… Moi qui suis plutôt hypersensible à tout ressentir x1000 je ne me reconnais plus vraiment, et mes proches non plus (ils m’en ont fait part chacun à leur manière). Changer c’est bien quand on évolue, mais il faut aussi accepter parfois de régresser…

Le point positif reste le travail, où je continue de m’épanouir et de me changer les idées. Il faut toujours au moins un élément qui reste stable pour ne pas finir en mental breakdown ! Je continue d’essayer de positiver, d’analyser ce qu’il se passe et de prendre un maximum de recul. Bientôt la vie repartira, je l’espère, et on pourra en tirer des conclusions plus claires.

Déjà, je vais rentrer chez moi (définitivement) dès cette semaine, prendre l’air, le temps dont j’ai besoin, et essayer de me retrouver un peu. On a parfois besoin d’être seul(e) face à soi même. Petite citation pourrie mais que j’aime bien :

« Il ne faut jamais sous estimer quelqu’un qui recule, parfois il prend seulement de l’élan. »

Voilà mon petit bilan de cet isolement, dans cette année plus que particulière et difficile. J’espère que de votre côté vous tenez le coup, que vous allez bien et que vous prenez soin de vous ! See you <3

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2 Commentaires

  1. Laura
    8 mai 2020 / 23 h 59 min

    Je te souhaite de tout cœur d’être un peu plus heureuse dans un an, et encore un peu plus l’année suivante, step by step. Prends soin de toi

  2. Eloïse
    13 mai 2020 / 10 h 53 min

    Coucou Nolwenn. Je suis très touchée par tes mots. J’ai traversé la même chose, il y a 8 ans de cela. J’ai perdu ma mamie et avec elle, une partie de moi et de ma maman s’est envolée pour toujours. Ma mère se relève seulement de ce deuil et moi, même si j’ai appris à vivre depuis, je ne suis plus vraiment la même. On ne ressort pas indemne de cette épreuve quand on est hypersensible. Depuis qu’elle est partie, je suis persuadée que jamais je ne pourrais avoir plus mal, que rien ne pourra plus jamais vraiment m’atteindre. C’est une carapace de protection. Au fond, on est sensible et on le reste. C’est juste que ça fait tellement putain de mal qu’on s’anesthésie, pour ne plus rien sentir. Ca va revenir, il faut savoir être patiente et compréhensive envers soi-même. Avec du recul, je me rends compte que si une partie de moi s’est envolée avec elle, une autre reste ici. Et elle avec. Elle m’a élevée, elle fait partie de moi. Je porte son prénom en deuxième prénom. Et surtout, malgré les épreuves de la vie, elle a toujours relevé la tête et pris son courage à deux mains pour les affronter. Je veux être comme elle, je suis comme elle. Elles vivront toujours à travers toi Nolwenn, c’est même la partie la plus rayonnante de toi-même qu’elles vont refléter. Laisse toi du temps pour t’en apercevoir et ne perds jamais l’espoir, pour elles, pour toi, pour toutes les joies que la vie te réserve encore.

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